MIROIR

 

Ils s’étaient rencontrés, ils avaient le même âge

Et avaient échangé paroles et jeux d’enfants ;

Tous deux ils s’aimaient bien; ils n’étaient pas très sages

Et ils aimaient aussi tout ce que l’on défend.

 

Ils se virent plus tard et avaient le visage

Imberbe et souriant de deux adolescents ;

Dix ans s’étaient passés : le temps tourne les pages ;

Ils se reconnaissaient étant de même sang.

 

Leurs jeux avaient changé ; L’un d’eux devenu sage

Faisait comprendre à l’autre qu’il n’étaient plus enfants,

Qu’était venu le temps de n’être plus volage

Et d’aborder la vie avec un cœur croyant

 

En des valeurs plus sures en vue du mariage ;

D’abandonner des voeux noués hâtivement.

Et de croire qu’une vie fidèle, en son passage,

A l’amour partagé, nous comble infiniment

 

 

Malbuisson été 1991