Ma Normandie

 

Dans la froide clarté du petit jour montant

Derrière le brouillard de la vitre levée,

Je regarde passer d’une âme retrouvée

Un à un, les clochers de mon pays normand…

 

Herbages clos, semés d’ilots qui sont des flaques

Où le ciel morne et gris se reflète par plaques

Souple et large ruban des grands fossés ouverts

Qui drainez la tristesse et l’eau des longs hivers ;

 

Peupliers dépouillés où le gui fait des boules ;

Toits moussus, pignons bleus et rouges dont la foule

Se presse étroitement sur quelque ruisseau clair ;

Pommiers alignés droit dans les prés toujours verts…

 

Par la vitre embuée, avec mélancolie,

Je regarde passer et fuir ma Normandie.

 

 

 

Paul-Auguste NICOLAS

SUR LES TRACES DE LA LOUVE

Editions PAN

36 rue Monge à PARIS